Les réseaux sociaux sont un symbole de notre société.
Désormais, chacun peut dire son avis sur une infinité de sujets, non seulement en « likant », mais aussi en faisant des commentaires sur toutes sortes d’événements : le passage du président de la République à la télévision, tel concert, tel événement sportif, tel fait divers. La parole a été libérée…
Des aspects positifs indéniables
Les réseaux sociaux ont de nombreux effets positifs. Ils peuvent constituer des réseaux de solidarité : enfants malades, handicapés ou expulsables, prisonniers politiques… peuvent y trouver un vrai soutien. Des groupes de discussion, des possibilités d’apprentissage, de formation… sont aussi rendus possibles.
Des phénomènes d’entraînement
Mais un autre phénomène a surpris les observateurs : la violence que l’on peut trouver sur ces mêmes réseaux. Nous avons tous entendu parler des phénomènes de harcèlement quand, dans une classe, tout le monde ou presque, se met à agresser violemment un(e) des élèves via les réseaux sociaux. On le sait : lorsque des individus sont pris par l’ambiance d’un groupe, ils peuvent être amenés à faire des choses qu’ils n’auraient jamais faites s’ils étaient restés seuls. De même avec les réseaux sociaux, alors qu’il n’y a même pas de contacts et d’effets d’entraînements directs.
Ni vu ni connu
La violence s’exprime aussi sous couvert d’anonymat sur ces réseaux. On y prend un pseudo et on se lâche. La haine, le racisme, l’antisémitisme, le nationalisme… s’en donnent à cœur joie. On peut ainsi trouver sur le Net des discours absolument hallucinants de haine. Alors que les personnes se seraient censurés dans la vie normale, des propos d’une virulence inattendue sont publiés.
Autre surprise : les phénomènes de violence ne sont pas l’apanage des hommes. Les jeunes filles et les femmes ne sont pas les dernières quand il s’agit de harcèlement.
Des tentations
Ceci me fait penser à ce vieux proverbe : « L’occasion fait le larron ». Autrement dit : la tentation est grande quand on a la possibilité de faire quelque chose de mal en étant certain de ne pas se faire voir. Ce proverbe éclaire une partie de la réalité humaine que nous cachons aux autres, et parfois même à nous-mêmes. Il y a une part d’ombre en nous qui se dévoile dans certaines circonstances. Les réseaux sociaux fonctionnent alors un peu comme un miroir. Que faisons-nous de ce qui se révèle ainsi sur nous-mêmes ?
J’ai besoin des autres
Le regard des autres nous invite à prendre du recul sur ce que nous sommes et ce que nous faisons. Il peut certes nous enfermer dans un monde de traditions ou dans le politiquement correct, mais il peut aussi nous aider à réfléchir sur nos choix et nos actes.
Surtout, le visage de l’autre nous rappelle que d’autres humains sont là et bien présents, et que nous ne pouvons pas agir en fonction de nos seuls désirs ou pulsions. Nous ne sommes pas seuls au monde. Les relations sans visage perdent de la consistance et parfois même de l’humanité, quand elles libèrent notre face obscure.
Nous avons besoin de relations en face à face pour rester humains, pour grandir en humanité.