«Je vais utiliser une pomme de pin comme bébé Jésus cette année» dans la crèche! Ainsi s’exclame une femme de Stepford, petit village enchanteur du Connecticut, à l’occasion d’une discussion de femmes autour de Noël. Jésus est réduit à un accessoire décoratif, car à Stepford, on n’a pas besoin de lui. Tout est parfait, tout est merveilleux! Pas besoin d’un sauveur!
Un monde parfait!
Un village enchanteur, vraiment? C’est en tout cas l’apparence donnée. Ici, que de belles propriétés, des couples et familles triés sur le volet, riches, heureux et bien portants… Et des épouses… Des épouses! Belles, dociles, en robes à fleurs, toujours souriantes, bonnes cuisinières, manucurées, bombes sexuelles sur demande... de parfaites épouses aux yeux de leurs maris surmenés. C’est cet univers, actualisé à partir d’un roman d’Ira Levin paru en 1972, The Stepford Wives, que découvrent Joanna et son mari, riches quadras survoltés venus de New York après le licenciement de Joanna. Les nouveaux arrivants ont besoin de calme, d’air et de temps pour se parler, car leur couple va mal. Trop de stress, trop de pression professionnelle. Stepford, village idéal, n’est-il pas tout indiqué pour se ressourcer? Pourtant, quelque chose ne va pas. Ces femmes sont trop "parfaites" pour être vraies…
L’envers du décor
De fil en aiguille, Joanna, aidée par son amie Bobbie, farfelue et non-conformiste, va se poser des questions. Mais voilà que Bobbie change soudain, et ressemble désormais comme deux gouttes d’eau à toutes ces femmes-objets, soumises et lisses, qui peuplent le village! Joanna s’alarme. Son mari, beaucoup moins. C’est que ce dernier fréquente le club masculin, où les maris qu’il rencontre s’avèrent plutôt enchantés de pouvoir compter sur des femmes "parfaites"! Au travers du regard perçant de Joanna, on découvre bientôt l’envers du décor: grâce à des manipulations scientifiques opérées par Claire Wellington, une généticienne, les femmes qui arrivent à Stepford sont une à une transformées… en robots.
Mythe scientifique d’un monde parfait, à notre goût, sans maladie, sans défaut! Avec des épouses guidées par télécommande! Où l’on voit que la science, sans dimension spirituelle et sans amour, ne mène qu’au regard froid et mort d’un automate, niant notre condition d’humains imparfaits, mais habités par l’étincelle vivante de Dieu.
* Film américain de Frank Oz, sorti en France en 2004, avec Nicole Kidman, Bette Midler, Matthew Broderick…