Le téléphone sonne
Une éducatrice demande : « Y a-t-il de la place dans l’église pour quatre jeunes de 17 à 24 ans, d’une même famille, arrivant de Mayotte, dehors depuis quelques jours ? Je ne me résous pas pour ce week-end à les renvoyer dans l’insécurité et le froid de la rue... »
« Y a-t-il de la place dans notre église ? » Traduisons : « Y a-t-il de la place dans nos vies, dans nos cœurs pour les plus fragiles ? » Des pensées légitimes surgissent : sommes-nous assurés ? Est-ce de bonnes personnes ? Est-ce légal ?
Un vrai tournant
Ce coup de téléphone nous a appelés à la générosité et, par grâce, nous y avons répondu. Ces jeunes ont pu s’abriter dans nos locaux. Tapis de sol, sécurité et chaleur étaient le summum pour eux. Ils sont restés deux mois. Leur sœur aînée a trouvé du travail et les autres, soutenus par elle, ont fait des études, puis ce fut au tour de leur sœur.
« Soutenir ceux qui ne sont aidés par personne » est devenu notre slogan, mais nous l’avons copié de la Bible dans laquelle Dieu encourage à soutenir les moins aidés.
Au fur et à mesure
Notre église a hébergé dans ses locaux, des mineurs isolés étrangers non pris en charge. Puis le Centre de la Réconciliation, le bras social associatif de notre Église locale, a développé l’hébergement dans une centaine de familles et dans une maison pour quinze jeunes. Pour une cinquantaine de ces mineurs une école de remise à niveau animée par une trentaine de professeurs bénévoles a été créée. Cette école met en relation les jeunes avec les établissements scolaires en fonction de leur niveau et de leur désir. Maintenant, les écoles et les entreprises réclament ces jeunes, suite aux stages qu'ils ont effectués, car ils sont respectueux et travaillent de tout leur cœur.
Aujourd’hui, des femmes et des enfants qui se retrouvent dehors avant une prise en charge par l’État sont hébergés dans une salle de l’église.
Du nouveau encore
Dernièrement une boutique solidaire de vêtements a ouvert avec un « refuge », espace permettant à deux femmes enceintes de se poser avant et après leur accouchement, au lieu de se retrouver à la rue. Situation qui n’est pas rare.
Nous n’avons pas de subvention des dispositifs d’État car il n’aide pas les situations que nous soutenons. Ce sont de nombreuses personnes et associations qui donnent du temps et de leurs ressources pour répondre à ces besoins essentiels.
Notre part ? Commencer
Débutons par de petits pas puis laissons-nous entraîner. Le chrétien que je suis sait que Dieu met sur notre route des personnes à aimer concrètement de l’amour dont il est la source. Par lui, je peux ensuite progresser dans le soutien et la compassion vis-à-vis de ceux qui en ont le plus besoin.